Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Lundi 7 janvier 2008

Hénin-Beaumont, cible du FN

Le 16 mars prochain, au soir du second tour du scrutin municipal, le Front national pourrait contrôler une ville de plus de 20 000 habitants. Située en plein bassin minier du Pas-de-Calais, Hénin-Beaumont n'a jamais été aussi près de rompre avec sa longue tradition socialiste. Plombée par des guerres intestines,4-copie-1.jpg la gauche locale s'essouffle. Et le FN s'en frotte les mains.

"Aujourd'hui, le Front national est à la mairie..." En ce milieu du mois de décembre, un observateur averti de la vie locale tire la sonnette d'alarme. Sous son ciel bien gris, à l'ombre de sa majestueuse église Saint-Martin, Hénin-Beaumont, ancienne ville minière de 27 500 âmes, coincée entre Douai et Lens, vit des heures politiques bien agitées. Fief historique du Parti socialiste, la commune pourrait effectivement, à l'issue du scrutin municipal du mois de mars, tomber dans l'escarcelle d'une extrême-droite emmenée par Steeve Briois.

Auteur de près de 18% des voix au premier tour en 2001, celui qui se présentait à l'époque sous l'étiquette MNR, peut aujourd'hui se prévaloir du renfort de Marine Le Pen, numéro 2 sur sa liste. En juin dernier, dans la circonscription, la fille du chef frontiste avait réussi à récolter 45% des suffrages au second tour des élections législatives. Le tout sur fond de crise sociale, les fermetures ces dernières années de Faurecia, Samsonite, Sublistatic et surtout MetalEurop sur la commune voisine de Noyelles-Godault, ayant laissé sur le carreau des centaines de salariés. Le Parti socialiste était alors parvenu à sauver les meubles. Il pourrait en être différemment en mars prochain.

"Les gens d'ici ne sont pas extrémistes, mais ils en ont marre que l'on joue avec leur argent. Ils veulent montrer leur ras-le-bol de la gestion catastrophique de la ville", avance un commerçant ayant pignon sur rue. Une explication à l'implantation du FN dans la commune, surtout dans les quartiers HLM du nord de celle-ci, relayée par Pascal Wallart, chef de l'agence Hénin-Carvin du quotidien La Voix du Nord. "Ici, le 6-copie-1.jpgFN ne stigmatise pas seulement l'immigration, il joue d'abord sur le 'tous pourris' à propos des responsables en place." Or, depuis 2001, force est de reconnaître que ceux-ci n'ont fait qu'apporter de l'eau à son moulin. Que de manigances sous le beffroi de l'imposant l'Hôtel de Ville!

Tout commence en 2001, donc, peu avant les municipales. Le maire sortant, Pierre Darchicourt, en place depuis 1988, et dont le père régnait en maître sur la commune avant lui, décide de se séparer de son bras droit, Gérard Dalongeville. Celui-ci entre en dissidence et, à la surprise générale, ravit la mairie à son ancien mentor. La suite ne sera que coups bas et trahisons en tous genres. "Pour tous ici, Dalongeville est l'homme des 85%", nous explique-t-on. Comprendre que peu d'Héninois ont pardonné à leur édile l'augmentation de... 85% de la taxe d'habitation en 2004. Et "même si l'argent récolté a permis de réaliser des investissements", comme le soulignent ses partisans, la décision (et d'autres) n'a fait qu'exacerber les divisions au sein du Conseil municipal. Résultat, en 2008, face à un Front national qui défile en rangs serrés, la gauche éclatée, devrait, elle, répondre par une multitude de candidatures. Combien? La question est pour l'heure loin d'être tranchée.

En tout état de cause, Daniel Duquenne sera de la partie. Proche de Darchicourt, ennemi juré de Dalongeville, qu'il considère avec Marine Le Pen, comme l'une des "deux plaies" de la commune, le chef de file de l'Alliance républicaine pourrait même détenir les clés du scrutin. Le 13 décembre, lors de l'inauguration de son QG de campagne, avant le champagne et les toasts, il a appelé, face à "une 7.jpgsituation exceptionnelle", au "rassemblement de la gauche du centre et de la droite". "Quand il y a le feu, tous les pompiers doivent se mobiliser pour éteindre l'incendie et arrêter le pyromane", a encore lancé le chantre de l'ouverture à la sauce héninoise, citant en maîtres politiques "Jaurès, Blum, Mendes-France et de Gaulle". Un appel visiblement entendu par certains, dont Jean-Marc Bureau, chef de file de l'un des... quatre courants des Verts de Hénin-Beaumont!

Dans ce tableau, à bien des égards surréaliste, de Paris, le Parti socialiste a tenu à apporter sa touche personnelle en dépêchant sur place Marie-Noëlle Lienemann (après avoir évacué la piste Razzye Hammadi). A l'ombre des terrils, la vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais se voit donc chargée de réaliser l'union sacrée. Elle s'est donnée jusqu'à la mi-janvier pour concocter sa liste finale. Sur celle-ci, Gérard Dalongeville pourrait figurer en première position mais avec des prérogatives imitées afin de ne pas froisser ses rivaux, Duquenne en tête. En tout état de cause, de la capacité de la gauche à se rassembler, dépend le sort de Hénin-Beaumont pour les six ans qui viennent. Et Marie-Noëlle Lienemann l'avoue elle-même, le temps est à l'urgence. Contraste saisissant: en face, le Front national attend lui patiemment son heure...
 

Sondage sur les Municipales 2008 

A trois mois du scrutin, les élections municipales semblent très ouvertes. Ci-dessous, le résultat du sondage exclusif Ifop pour Le Journal du Dimanche qui est paru dimanche.

UMP crédité de 33%

PS crédité de 32%

Modem crédité de 10%

Front National crédité de 8%

Les Verts crédité de 8%

Le PCF crédité de 5%

L'extrême Gauche crédité de 4%

 
Par Jesse Lundi  07/08/2008 
Par mipest
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Créer un Blog

Recherche

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus