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Vendredi 14 décembre 2007

Ségolène

 


Ségolène Royal le 15 décembre chez Ruquier
dans on est pas coucher





Délocalisons, avec l'argent des contribuables !

Deux exemples récents donnent le tournis si ce n'est autre chose. 

Rafale.JPG- Dassault ou l'envol sauvage de l'oie gavée aux fonds publics : depuis plus de 50 ans, Dassault Aviation, en dehors de ses programmes civils (Falcon) est dépendante des commandes publiques. Elle dispose même très largement de fonds publics pour développer ses aéronefs. Le seul exemple du programme Rafale, dont le coût de développement dépasse largement les 35 milliards € et le désastre commercial assumé par le seul Etat français démontrent à quel point les liens entre l'Etat et Dassault sont vivaces. Pourtant, cela n'a pas empêché le PDG de Dassault de déclarer sans ambages, que "tout était délocalisable", en dehors (encore heureux) des centres de décision. Ce type de déclaration ne peut pas être admis par l'Etat français, dans la mesure où l'existence-même de Dassault et de ses performances financières dépendent des commandes de ce dernier ; 

- EADS ou l'Etat qui organise lui-même la délocalisation d'activités du territoire français : Arnaud-Lagard--re.JPGon atteint dans cet exemple le comble de la tartufferie d'Etat. Arnaud Lagardère, qui on ne le répétèra jamais assez, préfére passer pour "incompétent plutôt que pour malhonnête" persévère visiblement puisqu'il a déclaré tout à trac dimanche dernier qu'une grande partie de la production des Airbus allait être également délocalisée. Rappelons simplement que l'Etat français reste actionnaire à hauteur de 15% du capital d'EADS, que le secteur aéronautique en France est l'une des principales réserves d'emplois mais aussi de recherche-développement. Que l'Etat décide lui-même d'avaliser une délocalisation d'une entreprise dont il contrôle une partie du capital, ce serait en tout cas une première qui serait la première véritable "rupture" du quinquennat. 


Dans les deux cas, bien évidemment, le prétexte de l'Euro fort est avancé pour légitimer les délocalisations. Bien évidemment, l'Euro est à niveau trop élevé et cela porte en partie préjudice à Airbus dont les coûts de production sont en Euros et les recettes commerciales en dollars. Mais outre que cet argument peut être relativisé  (toutes les commandes ne sont pas impactées de la même façon : 40% d'entre-elles sont intra-européennes), il est inconcevable de déplacer des usines de production d'une telle importance à la petite semaine en tenant compte de l'évolution du marché des changes (qui évoluent d'ailleurs sans que l'anticipation soit évidente). Faudra-t-il les redéplacer dans six mois si la parité Euro-dollar s'inverse ? Ces arguments ne sont donc pas recevables. Ils le sont d'autant moins que ces entreprises sont, indirectement ou très directement, liées à l'Etat, aux fonds publics.

Les socialistes doivent être à l'avant-garde dans ce combat parce que dans ce cas, l'Etat peut beaucoup, voire tout. Sa démission dans le cas d'espèce serait inqualifiable, tellement elle mettrait en cause l'emploi bien sûr, notre industrie mais aussi nos intérêts stratégiques.

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007

AASite National du PSAASite National du PS

Vendredi 14 décembre 2007

 

DDA A la une  

Forum « le socialisme et le marché »

 
La mondialisation est un fait : c’est la mise en relation croissante de tous avec tous. Elle s’accélère mais ne date pas d’aujourd’hui. Cette dynamique d’extension des échanges planétaires et d’évolution permanente de la division internationale du travail est, depuis l’origine, inscrite dans le logiciel des temps modernes. À cause du développement des moyens de communication, des bateaux des conquistadors aux réseaux Internet d’aujourd’hui. Et à cause de l’irrépressible propension de l’économie de marché à ce que Marx appelait l’« universalisation », non sans une certaine admiration pour cette prodigieuse quoique cruelle et aveugle vitalité. L’actuelle globalisation financière n’est qu’une étape supplémentaire de ce processus au long cours qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Le pire : la prédation généralisée, la concurrence sauvage, les délocalisations brutales au Nord et la surexploitation des salariés au Sud, la loi du plus fort et du seul profit. Mais aussi le meilleur : de nouvelles chances de développement, des moyens de faire reculer la pauvreté, une interdépendance de fait des économies qui rend possible et même vitale la solidarité des nations car nul, à terme, ne s’en sortira sans les autres et encore moins contre les autres.

La mondialisation scelle, sur le fond, une communauté de destin : toute la question est de savoir si nous saurons en faire un dessein commun. On en est encore loin. En soi, la mondialisation n’est ni bonne ni mauvaise : c’est le contexte dans lequel nous vivons et agissons. Elle n’est ni forcément heureuse ni inéluctablement malheureuse : c’est un mélange de contraintes, dont il faut tenir compte pour être efficace et se protéger là où c’est nécessaire, et d’occasions qu’il faut savoir saisir et orienter dans le sens du bien commun.

Ce que je crois, c’est qu’il n’y a pas de fatalité de la mondialisation qui ne laisserait aucune latitude stratégique aux entreprises et condamnerait les pouvoirs publics à l’impuissance. Cet alibi des partisans du laisser faire ne résiste pas à l’examen.

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Insitute of Technologie), conduite par Susan Berger, a fait pendant cinq ans une passionnante enquête sur les stratégies des entreprises dans la mondialisation, en Europe, en Amérique et en Asie. Elle montre que, pour un même type de produits, des entreprises également profitables font des choix différents : les unes sous-traitent dans les pays à bas salaires la quasi-totalité de leur production, les autres pas car la compétitivité ne se réduit jamais au coût du travail mais résulte d’un ensemble plus complexe de facteurs. La mondialisation n’explique pas pourquoi Zara, la firme qui connaît en Europe la croissance la plus rapide, continue à fabriquer en Espagne et au Portugal. Elle n’explique pas davantage pourquoi les fabricants de lunettes de Taïwan et de Hong Kong ont délocalisé leur production en Chine mais pas les lunetiers italiens spécialisés dans les montures haut de gamme – représentant 25 % du marché mondial – qui continuent à fabriquer dans des usines de Vénétie où les salaires ne sont pourtant pas alignés sur ceux des ouvriers chinois. Aux chefs d’entreprise qui estiment ne pas pouvoir survivre avec un niveau de salaires à l’européenne, d’autres prouvent, dans le même secteur, que c’est possible. À condition d’innover, de rester en phase avec les goûts évolutifs de la clientèle et de tirer intelligemment parti de ses atouts.

C’est ce qu’a fait Geox, un des plus gros succès italiens dans la période récente. Il a créé dans une région traditionnellement consacrée à la chaussure et considérée par beaucoup comme un « désavantage compétitif », un produit innovant aujourd’hui vendu dans le monde entier : « la chaussure qui respire », grâce à une semelle qui laisse la transpiration s’échapper. Geox a su profiter de l’expérience accumulée localement par une main-d’œuvre expérimentée et créative. Au fil d’un développement très rapide, l’entreprise a certes orienté une partie de ses fabrications vers la Roumanie et l’Asie mais elle a en même temps développé l’emploi qualifié en Italie où sont concentrés la recherche-développement, le design, la logistique et la gestion.

Il n’y a donc pas, du côté des entreprises, de scénario unique auquel forcerait la mondialisation. Raison de plus pour que les pouvoirs publics ne baissent pas les bras et favorisent au contraire tout ce qui fait l’attrait d’un territoire pour une entreprise : le niveau de formation, la qualité des infrastructures, les réseaux et les possibilités de coopération, l’environnement scientifique et technologique, sans oublier les services publics.

La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses responsabilités. C’est celle où tous les coups sont permis, où les égoïsmes à court terme accentuent les inégalités, les ressentiments et les insécurités. La bonne mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, à l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous.

C’est tout l’enjeu de la période actuelle où le politique doit rattraper son retard sur l’économique qui tend à dicter sa loi. Le monde a profondément changé. Les nations émergentes – émergées, devrait-on plutôt dire – rebattent les cartes de la concurrence mondiale. De nouveaux rapports de force s’affirment. Il faut à ce monde-là de nouvelles règles, de nouvelles sécurités pour que la mondialisation ne soit pas, à court terme, une course destructrice au profit mais une chance de progrès partagé. C’est, pour moi, tout le rôle de l’État et tout le sens du projet européen tel que je le conçois.

Maîtriser la mondialisation pour l’orienter dans le bon sens, c’est, j’en conviens, une œuvre de longue haleine. La bonne mondialisation, c’est celle qui introduira dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le respect de normes sociales et environnementales, celle qui réformera le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers, celle qui créera une organisation mondiale de l’environnement et promouvra l’idée d’une Politique agricole commune (PAC) mondiale pour organiser les marchés de manière plus juste et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement. Je ne sais pas à quel rythme nous y parviendrons, je ne sais pas si l’histoire connaîtra une de ces brusques accélérations dont elle a le secret ou si l’humanité, souvent peu capable de réformer à froid, différera longtemps encore les décisions nécessaires. Mais j’ai une certitude que nous sommes nombreux à partager : il n’est pas d’autre direction à suivre que de peser de toutes nos forces pour l’avènement d’un ordre international juste et des outils qui lui sont nécessaires.




         , Ségolène Royal, 2007
 
Signature Ségolène Royal

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007
rose

 

  La nouvelle mouture

du Code du Travail

ne satisfait personne

 

 
 
 

 

Cliquer : article du 28 novembre 

 

 
 
 
 
 
 
 

C'est plus encore sur le contenu de la réforme que ses détracteurs sont montés au créneau.

Gérard FILOCHE y a vu un "massacre dans le silence général". Le groupe socialiste, durant les séances d'examen du texte la semaine dernière, a brocardé la moins-value du texte en matière sociale, le code ne se transformant pas "à droit constant", contrairement à l'engagement pris par l'initiateur de la réforme, Gérard Larcher, il y a deux ans. 

Pierre MERIAUX y voit quant à lui "une recodification dangereuse, tendancieuse et régressive", "véritable commande du MEDEF".

  

Quelques exemples

La rupture pour motif économique : le code du travail actuel encadre très précisément la question du reclassement via les plans de sauvegarde de l'emploi. Depuis longtemps, le patronat réclame de pouvoir négocier individuellement avec les salariés, un par un. Ce qui reviendrait à enterrer les plans sociaux traditionnels.

La période d'essai : elle devient une "période de consolidation", pendant laquelle on n'évalue plus la personne mais les besoins ... On supprime en fait l'application des droits liés au licenciement économique pour tous les salariés qui sont en période d'essai. 

La suppression des peines de récidive pour certaines infractions des employeurs : notamment celles qui concernent les délits d'entrave à la représentation du personnel ou à l'inspection du travail... au moment où l'on nous vante justement la tolérance zéro !

ENCORE UNE MYSTIFICATION DE LA DROITE ...

- Code du Travail "simplifié" (comme le TUE ?)

- Recul flagrant des droits des salariés


par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007

vendredi 14 décembre 

 

 

 

Je serai ...

.

 

le président du

POUVOIR D'ACHAT ...

Les français répondent par le scepticisme !

. 

le président des

DROITS DE l'HOMME ...

Les français voient le grand écart

entre les discours de campagne

et les actes (porteur d'eau des dictateurs) 

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007
ps

Le pays des DROITS de L'HOMME

reçoit avec faste un dictateur sanguinaire, pour lui vendre des ARMES

Monsieur le PRESIDENT comme le dit for justement une de vos Ministres Madame RAMA YADE :

"La FRANCE ne doit pas recevoir ce baiser de la mort"

Car Monsieur KADHAFI n'a en aucun cas retrouvé une quelconque respectabilité, il a encore prouvé son attachement à ses atroces doctrines en déclarant à Lisbonne :

" Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme "

Alors Monsieur le Président de la République Française LA FRANCE PROFONDE A HONTE

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007

La guerre des deux

 

Arnaud Folch, le 14-12-2007
 
 
 
 
En coulisse, l’affrontement entre l’ex-candidate à l’Élysée et le maire de Paris a déjà commencé. Objectif : le parti en 2008 et l’investiture pour 2012.

Claude Allègre n’en est pas revenu. C’était il y a une dizaine de jours. L’ancien ministre de l’Éducation nationale, pire ennemi déclaré de Ségolène Royal à gauche, est chez lui, dans son appartement parisien. Soudain, le téléphone sonne. Au bout du fil : l’ancienne candidate PS. « Allo, Claude ? C’est Ségolène. » Et celle-ci, très en verve, de le complimenter pour son livre – la Défaite en chantant (Plon) –, où Allègre l’étrille pourtant de bout en bout. Puis de lui parler du sien – Ma plus belle histoire, c’est vous (Grasset) –, lui promettant de lui en envoyer un exemplaire dès sa parution. Royal lui dit encore avoir regretté de ne pas avoir travaillé avec lui lors de la présidentielle et, même, que leurs si orageuses relations passées, quand elle était sa ministre déléguée, lui avait laissé quelques bons souvenirs. « Sur le coup j’ai été scotché », raconte Allègre, qui s’avoue « impressionné » par le culot et la détermination de Royal.

L’anecdote a fait le tour de la Rue de Solférino, siège du PS, jusqu’à revenir aux oreilles de Bertrand Delanoë. Celui-ci, comme la plupart des éléphants, en est désormais convaincu : la finaliste de l’élection présidentielle, qu’il n’avait soutenue que du bout des lè-vres, s’est bel et bien lancée à la conquête du parti socialiste – prémisses d’une seconde candidature élyséenne en 2012. La sortie de son livre, a-t-elle confessé publiquement, n’est qu’une « première étape ». Et si, pour l’heure, elle refuse d’afficher ses ambitions, elle l’a déjà annoncé : « Je m’exprimerai en janvier. » La même posture, ou presque, que le maire de Paris lui-même. La lame dissimulée dans la manche. Officiellement, Delanoë – qui rêve de l’Élysée – se défend de tout autre visée que sa réélection municipale en mars prochain : « Je ne suis candidat à rien d’autre, vous m’entendez ? », répond-il, presque furieux, dans l’Ex-press au sujet de ses ambitions futures. Avant d’ajouter, matois : « J’apporterai mes convictions à mon parti… si on me le demande. » Traduction d’un permanent du PS : « Si Ségolène est candidate, il va devoir sortir du bois. » Mais en coulisse, la guerre a déjà commencé. Guerre de tranchée pour l’instant.
 
 
 
 
 
Occuper le terrain et blinder ses positions : tel était l’objectif de Delanoë en constituant ses listes parisiennes. L’arrivée, en position éligible, d’une quinzaine de personnalités de la société civile ayant notamment servi à “purger” les élus royalistes. « Dans tous les arrondissements, ceux qui ont été les fers de lance de la candidature de Ségolène en interne et pendant la présidentielle sont maltraités ou totalement marginalisés », accuse Dominique Bertinotti, maire du IVe arrondissement et proche de l’ex-finaliste de la présidentielle. Non-candidate aux municipales, Royal s’est attaché – outre la reprise en main de ses comités Désirs d’avenir –, à s’imposer sur un autre terrain, qu’à l’instar de Delanoë elle considère comme le sien : le terrain médiatique. Invitation sur tous les plateaux télé – dont France 5, où elle a chanté Capri c’est fini en duo avec Hervé Vilard ! –, mais aussi sur l’ensemble des radios, couvertures du Nouvel Observateur, du Point et de Elle, pleine page signée Jean d’Ormesson dans le Figaro : rarement “plan com” n’aura été aussi complet. La publication de son livre était, d’abord, faite pour cela : assurer son “grand retour”. Sa maison d’édition souhaitait une parution en janvier, c’est elle qui a imposé le mois de décembre afin, précisément, d’être à pied d’œuvre en début d’année.

Même guerre fratricide, mais souterraine, pour un autre espace que tous deux considèrent pareillement comme leur “chasse gardée” : celui des people. À Delanoë la présence sur ses listes “paillettes” du comédien Philippe Torreton, de la réalisatrice Yamina Benguigui, de l’actrice Firmine Richard, de la championne du monde de judo Frédérique Jossinet.

À lui aussi, l’amitié avec Jeanne Moreau ou le patron du Stade français, Max Guazzini… À Royal, le carnet d’adresses de Pierre Bergé, le PDG d’Yves Saint Laurent (qui finance ses locaux du boulevard Raspail), et le soutien affiché de Bernard-Henri Lévy et de l’ex-“agent des stars”, Dominique Besnehard, avec lequel elle ne rate pas une première. Jusqu’au très “glamour” titre de son livre, inspiré d’une chanson de  Barbara, au moment même où l’on célèbre le dixième anniversaire de sa mort…

Nourris tous deux au lait mitterrandien – « laisser le temps au temps », utiliser les médias et préempter les milieux culturels –, les deux adversaires utilisent les mêmes armes. Le parallèle ne s’arrête pas là. « Entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, même s’il y a des divergences sur la manière de les mettre en œuvre, il existe un fond de pensée commune », observe le député PS de l’Indre, Michel Sapin. Même s’ils récusent le mot pour ne pas heurter l’aile gauche du parti, l’un et l’autre se situent clairement sur la même ligne “sociale-démocrate”. Proeuropéens, modérés, ouvertement tentés par des alliances au centre – Royal a proposé Matignon à François Bayrou durant l’entre-deux-tours de la présidentielle ; Delanoë parie sur un accord avec le MoDem au second tour des municipales –, ils pourraient reprendre à leur compte la célèbre formule de Laurent Fabius sur sa proximité avec Mitterrand : « Il n’y a pas, entre nous, l’épaisseur d’un papier à cigarette. » Affrontement paradoxal, donc ? Sans doute. Mais surtout affrontement personnel. Puisque rien, ou presque, ne les sépare, c’est que le principal les oppose : leur ambition.

Entre l’ex-“petit chose” du PS, si longtemps méprisé par les caciques, et l’autrefois discrète conseillère de Mitterrand, écrasée par la faconde de son compagnon François Hollande, le bras de fer n’en sera que plus terrible. « Le PS a besoin de sagesse et de responsabilité. L’affrontement entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë serait dangereux », prédit le strauss-kahnien Pierre Moscovici. D’où la solution qu’il préconise, pensant très fort à lui-même : la nomination d’un « premier secrétaire qui ne soit pas candidat en 2012 » pour succéder à Hollande lors du congrès de 2008. François Reb-samen, Michel Sapin, Vincent Peillon, Manuel Valls et Benoît Hamon sont aussi sur les rangs. Une “paix armée” entre Royal et Delanoë en attendant des primaires pour les départager un an avant la présidentielle ? Bras droit de Fabius, Claude Bartolone n’y croit guère : « En ce moment, ils prennent la température de l’eau avant de plonger », dit-il. « Ils aiguisent leurs couteaux », résume plus crûment un autre. La guerre ne fait que commencer.

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007

Nous allons travailler, rénover, refonder, préparer les prochaines échéances

renover.jpg 

Si l'histoire s'était répétée, Ségolène Royal serait aujourd'hui - comme l'avaient été après leurs échecs à l'élection présidentielle François Mitterrand en 1974 et Lionel Jospin en 1995 - à la tête du Parti socialiste. Or l'ex-candidate du PS, qui n'appartient à aucune instance exécutive de son parti, cultive sa position singulière, qu'elle a encore décrite ainsi, le 9 décembre sur Canal+, " à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste ". Ce n'est qu'en janvier, à un moment où son rival potentiel, Bertrand Delanoë, se trouvera empêché d'abattre clairement ses cartes par sa campagne pour sa réélection à la Mairie de Paris, qu'elle confirmera ou non sa volonté, exprimée au soir du second tour des élections législatives, après sa défaite à la présidentielle, de briguer la succession de François Hollande à la tête du PS.

Alors que chemine l'idée d'un congrès extraordinaire du PS, en juin 2008, avant le congrès ordinaire de novembre, sur une réforme des statuts - avec l'hypothèse de la création d'un poste de président assisté d'un secrétaire général gérant l'appareil -, les proches de la présidente de la région Poitou-Charentes sont divisés sur sa stratégie. Vincent Peillon la pousse à briguer, dès 2008, la direction du PS, sachant que sa candidature provoquerait celle de M. Delanoë et que se jouerait alors la première manche du match, prévu en 2010, entre les présidentiables de 2012. A contrario, Julien Dray pense qu'elle doit se tenir à l'écart, en raison du " risque d'une paralysie qui naîtrait de cette confrontation entre deux ou trois personnalités ".

Si Mme Royal hésite pour l'échéance de 2008 (la conquête du PS), elle songe déjà à se mettre sur les rangs pour celle de 2012 (la conquête de l'Elysée). C'est le message à peine subliminal de son livre Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset, 336 p., 19,50 ¤), quand, s'adressant aux Français, elle écrit : " Je veux un jour fêter nos retrouvailles. Je ne connais encore ni le lieu ni la date, mais je sais qu'un jour nous nous retrouverons. " " Je voulais gagner pour eux. Je gagnerai un jour pour eux ", confie-t-elle encore. Mme Royal analyse sa défaite comme " prometteuse " et revisite sa campagne pour en tirer des leçons pour l'avenir et affûter ses armes. " J'ai repris l'entraînement ", lâche-t-elle.

Son livre est moins une autocritique qu'une autoexplication. La " Bécassine serial gaffeuse ", selon le surnom qu'elle se donne par dérision et avec humour, accepte d'assumer sa " part de responsabilité ". Elle confesse que, face à la redoutable machine de l'UMP et à l'" indéniable capacité " de Nicolas Sarkozy, elle était " préparée beaucoup plus qu'on ne l'a dit mais sans doute moins qu'il l'aurait fallu ". Elle reconnaît que sa campagne était " baroque, à l'image de sa candidate ", que l'organisation " de bric et de broc a créé des dizaines de malentendus ". Elle évoque des " fautes ", des " faiblesses " et des " erreurs ", mais elle nie les " improvisations " qu'on lui a prêtées et les " bourdes, qui n'en étaient pas ". Elle met en avant son " extrême solitude morale, personnelle " face à un procès permanent, et " proprement terrifiant ", " en incompétence et en illégitimité ".

Mais c'est d'abord au PS, et à un " troupeau d'éléphants " qui avait juré sa perte, que Mme Royal impute la responsabilité principale de sa défaite. Elle décrit les effets " ravageurs " de la primaire qui l'opposa, avant sa désignation comme candidate, à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. " La droite, écrit-elle, a laissé faire le travail à la gauche. La gauche est partie tellement vite et tellement fort que la droite n'a eu qu'à compter les points en se moquant. " A partir de ce sévère constat, qui vise aussi M. Hollande, l'ancienne ministre persiste et signe, jugeant qu'elle aurait pu gagner " avec une doctrine et des pratiques cohérentes ; avec une cohésion et une unité plus fortes ; avec un soutien sans faille de la candidate ". " Il aurait fallu, ajoute-t-elle, que nous fussions unis comme dans un vrai parti. Il aurait fallu que ne soit pas entretenu le doute sur la capacité de la candidate, la cohérence des équipes futures et le volontarisme collectif. Il aurait fallu une vision claire de l'état de la France et un travail préalable de longue haleine. "

 

PRUDENT ATTENTISME

 

Ce réquisitoire contre la direction du PS, qu'elle distingue des militants, l'amène à faire amende honorable sur sa méthode, le tempo de sa campagne, son déficit de pédagogie sur la démocratie participative et, pour finir, son " manque de poigne ". " J'aurais dû ruer dans les brancards, m'organiser, les commander ", écrit-elle en reconnaissant qu'elle n'a " pas fait grand-chose " pour convaincre les " éléphants ", " sourire aux lèvres et fleur au fusil ", de s'aligner au lendemain de sa désignation. Mais, loin de se recentrer sur l'orthodoxie socialiste, Mme Royal persiste et signe sur ses " combats de toujours " : l'ordre juste, les jurys citoyens, la valeur travail, l'identité nationale et la " France métissée ", les quartiers, la " nouvelle efficacité économique ", les 35 heures et la réforme de l'Etat.

Cette volonté de bousculer le PS, d'en finir avec le cycle d'Epinay, d'accélérer sa rénovation et la mise à l'heure de son " horloge historique " se retrouve sur la question cruciale des alliances. Mme Royal ne renie rien de son ouverture vers François Bayrou. Le 3 décembre, lors du débat organisé par Le Monde au Théâtre du Rond-Point, elle a souligné qu'elle voulait " capter le meilleur dans tous les courants de pensée ", saluant la " radicalité " de l'extrême gauche sur les services publics et la protection sociale tout en louant la recherche de " compromis sociaux "

Comme l'avait fait naguère M. Hollande, elle a assigné au PS l'objectif de devenir " une force centrale qui s'assume en tant que force centrale à gauche, capable d'associer ces différents courants ".
Une coalition arc-en-ciel à l'italienne, des altermondialistes au centre - qui bute sur le désir de M. Bayrou d'incarner cette alternative en pariant sur l'échec de la rénovation du PS -, qui ressemble au rêve qu'avait déjà esquissé, le 14 mai sur France 3, M. Hollande d'un " grand Parti socialiste qui couvre tout l'espace qui va de la gauche, sans aller jusqu'à l'extrême gauche, jusqu'au centre gauche ou au centre ".

Ségolène Royal persiste et signe dans sa stratégie de reconquête. Pour la mener à bien, elle tentera moins de dompter les " éléphants " que de les apprivoiser. Rude tâche. Si elle se refuse encore à se doter d'un courant - fidèle en cela, comme François Hollande, à une démarche " trans-courants " qu'ils avaient initiée ensemble en 1984 -, elle cherche à se réconcilier avec ses anciens adversaires. Mais, à ce stade, la plupart des partisans de M. Strauss-Kahn et de M. Fabius persistent et signent dans une attitude d'opposition ou, au mieux, dans un prudent attentisme. Et il y a fort peu de chances pour que M. Hollande facilite, cette fois, l'entreprise de son ancienne compagne.

Michel Noblecourt

© Le Monde

par Michel_________
Vendredi 14 décembre 2007
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Vendredi 14 décembre 2007
rose
Jeudi 13 décembre 2007
François Hollande évoque la " liberté de parole " dont il disposera à l'issue du prochain congrès du PS, lorsqu'il ne sera plus premier secrétaire

 

BRUNO FERT POUR " LE MONDE "

Quel regard portez-vous sur la visite du colonel Kadhafi en France, et sur le débat qu'elle a suscité au sein du gouvernement ?

Cette visite est d'abord un manquement à un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy, qui voulait être le président de la France des droits de l'homme. Il prétendait rompre avec la " Realpolitik " ; celle, disait-il, " qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats ". Aujourd'hui, les contrats sont devenus ses valeurs.

Je ne surestime pas Nicolas Sarkozy au point de penser qu'il organise lui-même la cacophonie dans son propre gouvernement. Les déclarations de Rama Yade présentent pour lui plus de coûts que d'avantages. Elles rappellent que les droits de l'homme ont été oubliés, occultés, méprisés à l'occasion de l'interminable visite de Kadhafi. Le " Guide " libyen a imposé son jeu tout au long de la semaine au chef de l'Etat, qui a été le dindon de la farce.

Comment jugez-vous les mesures annoncées en faveur du pouvoir d'achat ?

En confessant que les caisses étaient vides, Nicolas Sarkozy a livré un constat d'échec. Le pouvoir d'achat n'est plus selon lui de sa responsabilité, mais de celle des Français : ils n'ont qu'à travailler plus, quitte à remettre en cause la durée légale du travail. Mais ce qui attend les Français, faute de croissance, c'est de payer plus, car un plan de rigueur se prépare. Je veux donc faire des élections de mars 2008 un grand rendez-vous sur la question du pouvoir d'achat.

Quelle responsabilité vous attribuez-vous dans le désarroi actuel du PS ?

Cessons cette complainte. Le PS a perdu ; il n'est pas perdu. Je ne veux pas m'exonérer de la défaite et je ne bats pas ma coulpe sur la poitrine des autres. Je demande à tous les socialistes de faire cet exercice de vérité. Nous aurions pu nous éviter des débats fratricides - sur l'Europe, en particulier -, mais il faut tirer, pour l'avenir, les leçons des échecs plutôt que de se mortifier sur le passé.

J'ai davantage regretté les divisions que les synthèses. Je n'ai pas voulu d'un congrès au lendemain des élections législatives. Nous y serions en plein. Mais nous n'avons pas perdu de temps en engageant la rénovation sur les thèmes qui ont fait difficulté ces dernières années : le rapport au marché, la nation, la place de l'individu.

Quand et comment envisagez-vous le prochain congrès ?

Le processus s'ouvrira dès le mois de mars. Nous discuterons de tout : de nos statuts, du contenu de notre projet, de notre stratégie d'alliance. Le congrès lui-même aura-t-il lieu avant ou après l'été ? Nous en délibérerons collectivement et sans esprit tactique. Le congrès aura une double vocation : d'une part, la rénovation de notre mode de vie interne comme de la relation avec nos électeurs ; d'autre part - et c'est l'essentiel -, notre orientation, sans oublier le débat sur la structuration même de la gauche.

Redoutez-vous un face-à-face Royal-Delanoë ?

Ce que je redouterais, c'est un congrès de confusion où les choix ne se feraient pas clairement, ni sur le fond ni sur la direction. Ce doit être un congrès de décision, et le premier secrétaire ne doit pas être un parmi les autres. Quant à la désignation de notre candidat (e), elle viendra fin 2010 ou début 2011. Le premier secrétaire de 2008 peut être ou ne pas être un présidentiable ; il n'y a aucun interdit ni aucune automaticité.


Redoutez-vous que le PCF bascule vers un pôle de radicalité ?

Non. J'en veux pour preuve que le Parti communiste - comme d'ailleurs tous nos partenaires de la gauche - veut diriger avec nous les villes, les départements, les régions, alors que l'ultragauche pose comme condition la rupture avec le PS. Quant à la question du MoDem, il nous est souvent évoqué l'exemple du parti de centre- gauche italien. Mais là-bas, le centre a fait le choix de gouverner avec la gauche et, stade ultime, de donner naissance à une grande organisation commune.

Aujourd'hui, finalement, Bayrou et Besancenot ont la même perspective. Ils s'inscrivent dans une stratégie présidentielle : Besancenot pour faire plus de 5 %, Bayrou pour faire plus que le PS. Dès lors, nous devons être les meilleurs pour couvrir un espace le plus large possible dès le premier tour et les plus mobilisateurs pour aimanter au second.

Quel rôle jouerez-vous après le congrès ?

On peut peser sur la vie politique sans diriger un parti, et on peut même porter une démarche personnelle sans nuire à l'ambition collective. Je gagnerai sûrement en liberté de parole mais je le ferai avec le souci de servir le grand parti par lequel passent l'alternance et l'espérance du changement.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Jean-Michel Normand

© Le Monde
 
 

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Vendredi 14 décembre 2007

Forum « le socialisme et le marché »

Contribution de Ségolène Royal

 

 

La mondialisation est un fait : c’est la mise en relation croissante de tous avec tous. Elle s’accélère mais ne date pas d’aujourd’hui. Cette dynamique d’extension des échanges planétaires et d’évolution permanente de la division internationale du travail est, depuis l’origine, inscrite dans le logiciel des temps modernes. À cause du développement des moyens de communication, des bateaux des conquistadors aux réseaux Internet d’aujourd’hui. Et à cause de l’irrépressible propension de l’économie de marché à ce que Marx appelait l’« universalisation », non sans une certaine admiration pour cette prodigieuse quoique cruelle et aveugle vitalité. L’actuelle globalisation financière n’est qu’une étape supplémentaire de ce processus au long cours qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Le pire : la prédation généralisée, la concurrence sauvage, les délocalisations brutales au Nord et la surexploitation des salariés au Sud, la loi du plus fort et du seul profit. Mais aussi le meilleur : de nouvelles chances de développement, des moyens de faire reculer la pauvreté, une interdépendance de fait des économies qui rend possible et même vitale la solidarité des nations car nul, à terme, ne s’en sortira sans les autres et encore moins contre les autres.

La mondialisation scelle, sur le fond, une communauté de destin : toute la question est de savoir si nous saurons en faire un dessein commun. On en est encore loin. En soi, la mondialisation n’est ni bonne ni mauvaise : c’est le contexte dans lequel nous vivons et agissons. Elle n’est ni forcément heureuse ni inéluctablement malheureuse : c’est un mélange de contraintes, dont il faut tenir compte pour être efficace et se protéger là où c’est nécessaire, et d’occasions qu’il faut savoir saisir et orienter dans le sens du bien commun.

Ce que je crois, c’est qu’il n’y a pas de fatalité de la mondialisation qui ne laisserait aucune latitude stratégique aux entreprises et condamnerait les pouvoirs publics à l’impuissance. Cet alibi des partisans du laisser faire ne résiste pas à l’examen.

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Insitute of Technologie), conduite par Susan Berger, a fait pendant cinq ans une passionnante enquête sur les stratégies des entreprises dans la mondialisation, en Europe, en Amérique et en Asie. Elle montre que, pour un même type de produits, des entreprises également profitables font des choix différents : les unes sous-traitent dans les pays à bas salaires la quasi-totalité de leur production, les autres pas car la compétitivité ne se réduit jamais au coût du travail mais résulte d’un ensemble plus complexe de facteurs. La mondialisation n’explique pas pourquoi Zara, la firme qui connaît en Europe la croissance la plus rapide, continue à fabriquer en Espagne et au Portugal. Elle n’explique pas davantage pourquoi les fabricants de lunettes de Taïwan et de Hong Kong ont délocalisé leur production en Chine mais pas les lunetiers italiens spécialisés dans les montures haut de gamme – représentant 25 % du marché mondial – qui continuent à fabriquer dans des usines de Vénétie où les salaires ne sont pourtant pas alignés sur ceux des ouvriers chinois. Aux chefs d’entreprise qui estiment ne pas pouvoir survivre avec un niveau de salaires à l’européenne, d’autres prouvent, dans le même secteur, que c’est possible. À condition d’innover, de rester en phase avec les goûts évolutifs de la clientèle et de tirer intelligemment parti de ses atouts.

C’est ce qu’a fait Geox, un des plus gros succès italiens dans la période récente. Il a créé dans une région traditionnellement consacrée à la chaussure et considérée par beaucoup comme un « désavantage compétitif », un produit innovant aujourd’hui vendu dans le monde entier : « la chaussure qui respire », grâce à une semelle qui laisse la transpiration s’échapper. Geox a su profiter de l’expérience accumulée localement par une main-d’œuvre expérimentée et créative. Au fil d’un développement très rapide, l’entreprise a certes orienté une partie de ses fabrications vers la Roumanie et l’Asie mais elle a en même temps développé l’emploi qualifié en Italie où sont concentrés la recherche-développement, le design, la logistique et la gestion.

Il n’y a donc pas, du côté des entreprises, de scénario unique auquel forcerait la mondialisation. Raison de plus pour que les pouvoirs publics ne baissent pas les bras et favorisent au contraire tout ce qui fait l’attrait d’un territoire pour une entreprise : le niveau de formation, la qualité des infrastructures, les réseaux et les possibilités de coopération, l’environnement scientifique et technologique, sans oublier les services publics.

La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses responsabilités. C’est celle où tous les coups sont permis, où les égoïsmes à court terme accentuent les inégalités, les ressentiments et les insécurités. La bonne mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, à l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous.

C’est tout l’enjeu de la période actuelle où le politique doit rattraper son retard sur l’économique qui tend à dicter sa loi. Le monde a profondément changé. Les nations émergentes – émergées, devrait-on plutôt dire – rebattent les cartes de la concurrence mondiale. De nouveaux rapports de force s’affirment. Il faut à ce monde-là de nouvelles règles, de nouvelles sécurités pour que la mondialisation ne soit pas, à court terme, une course destructrice au profit mais une chance de progrès partagé. C’est, pour moi, tout le rôle de l’État et tout le sens du projet européen tel que je le conçois.

Maîtriser la mondialisation pour l’orienter dans le bon sens, c’est, j’en conviens, une œuvre de longue haleine. La bonne mondialisation, c’est celle qui introduira dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le respect de normes sociales et environnementales, celle qui réformera le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers, celle qui créera une organisation mondiale de l’environnement et promouvra l’idée d’une Politique agricole commune (PAC) mondiale pour organiser les marchés de manière plus juste et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement. Je ne sais pas à quel rythme nous y parviendrons, je ne sais pas si l’histoire connaîtra une de ces brusques accélérations dont elle a le secret ou si l’humanité, souvent peu capable de réformer à froid, différera longtemps encore les décisions nécessaires. Mais j’ai une certitude que nous sommes nombreux à partager : il n’est pas d’autre direction à suivre que de peser de toutes nos forces pour l’avènement d’un ordre international juste et des outils qui lui sont nécessaires.
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Vendredi14 décembre 2007
par  Mireille 84

 


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Jeudi 13 décembre 2007

Jeudi 13 Décembre 2007

 Et on tape dans les mains !!!

par Nadine Parisl
Jeudi 13 décembre 2007

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