R.ForniNé à Belfort de parents italiens, il sera naturalisé français à l'âge de dix-sept ans. Il doit interrompre ses études en classe de
1ere et entre comme ouvrier aux usines Peugeot. Il va passer son baccalauréat en 1962 par correspondance puis s'inscrit à la faculté de droit et devient avocat à Belfort.
Il est élu député PS du Territoire de Belfort en 1973, à 32 ans, en même temps que Jean-Pierre Chevènement, également élu de ce territoire. Il sera parlementaire durant cinq
législatures entre 1973 et 2002. Il préside la Commission des lois de 1981 à 1985. En aout 1985, il abandonne tous ses mandats avec sa nomination à la Haute Autorité de la
communication audiovisuelle par François Mitterrand. Il y siège jusqu'à fin 1986 et le remplacement de cette autorité par la CNCL. En 1988, il est réélu député, est battu aux
législatives de 1993 et réélu en 1997 mais battu de nouveau à celles de 2002.
Longtemps réputé proche de Jean-Pierre Chevènement, animateur du courant CERES au sein du Parti socialiste, il ne le suivra pas lors de la création du MDC et restera au Parti
socialiste. Avec Jean-Pierre Chevènement se développe une relation d'amis et rivaux.
Parlementaire remarqué pour son travail, il ne fut jamais membre d'un Gouvernement.
Sommet de sa carrière politique, Raymond Forni devient le quatrième personnage de l'Etat en étant élu Président de l'Assemblée nationale du 29 mars 2000 au 18 juin 2002, succédant à
Laurent Fabius, également socialiste, et étant à son tour remplacé, dans la nouvelle assemblée élue en juin 2002, par Jean-Louis Debré.
Il fut président du Conseil régional de Franche-Comté, du 2 avril 2004 jusqu'à sa mort. Lors des élections présidentielles, il fut partisan du retour de Lionel Jospin avant de
soutenir Ségolène Royal.
il était maire de Delle, près de Belfort, de 1991 à 2004.
Il décède à l'hôpital Saint-Louis de Paris le 5 janvier 2008, à 66 ans, des suites d'une leucémie foudroyante.
Réactions
La disparition de Raymond Forni, ancien président de l'Assemblée nationale, "crée une immense tristesse au PS" .. "Il fait partie de ces socialistes qui ont compris dès le congrès
d'Epinay le sens de la stratégie de François Mitterrand autour du rassemblement de la gauche" a déclaré M. Hollande dans un communiqué.
Pour Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, "cet +enfant de la République+, comme il se décrivait si bien, a été un exemple
de mérite, de rectitude et d'engagement. (...) Un magnifique caractère qui alliait l'indépendance d'esprit à la force des convictions. Il avait le charme et la chaleur mais aussi
l'orgueil de ces hommes qui se sont construits dans l'épreuve."
"Raymond Forni restera pour moi et pour tous les députés socialistes une belle figure de la République."
Jean-Paul Huchon, président (PS) de la Région Ile-de-France, a estimé de son côté que "le socialisme français est aujourd'hui en deuil d'un de ses plus remarquables représentants."
"Il était de ces grands militants socialistes qui font d'un combat politique la raison d'une vie. Grand juriste, passionné des questions constitutionnelles, et défenseur inlassable
des libertés publiques, il a marqué de sa grandeur la présidence de l'Assemblée Nationale où les Français ont appris à mieux le connaître et à apprécier la mesure de ses propos,
l'homme de convictions et de détermination qu'il était."
Pour le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, Raymon Forni était "homme de convictions et de proximité" qui incarnait "aussi le parlementaire compétent et investi".
Julien Dray, porte-parole du PS, a lui expliqué que : "son parcours politique, riche de nombreuses responsabilités, fait de lui un homme politique qui aura marqué de son empreinte
l'histoire du Parti socialiste de ces 30 dernières années."
Pour Marylise Lebranchu, députée (PS) du Finistère, ancienne Garde des sceaux, "la politique noble, courageuse, sans démagogie, c'est sans doute ce que nous pourrions garder de lui au
sein de ce Parlement qui parfois ne résonne plus assez des voix du droit, de la liberté, de la justice et du courage."
Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon lui ont également rendu hommage.
Raymond Forni "laissera le souvenir du destin exemplaire d'un +Enfant de la République+", a déclaré le Président de la République, reprenant le titre de la biographie de M. Forni,
parue en 2002.
"Le parcours de Raymond Forni, homme de conviction et juriste de talent, illustre les valeurs de la République. Le Premier ministre adresse ses condoléances sincères à son épouse, à
ses enfants et à ses proches", indique le communiqué de Matignon.
Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, aquant à lui salué "un grand parlementaire."
"Il a marqué ainsi le travail législatif, quand il était président de la Commission des lois, de 1981 à 1985. Homme de conviction, Raymond Forni était très respecté."
Pour Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, M. Foni "laisse le souvenir d'un républicain intransigeant, qui pendant ses 20 années de mandats
parlementaires, a été rapporteur du projet de loi abolissant la peine de mort, a défendu une conception rigoureuse de l'indépendance nationale, du rôle de l'Etat ce qui n'excluait pas
son attachement, du fait de ses mandats en Franche-Comté, au développement des collectivités locales."
Enfin au PCF, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti, a estimé qu'"en ces temps troublés, où l'étranger est stigmatisé et chassé, où les plus démunis et les plus faibles
sont opposés les uns aux autres, où les valeurs de solidarité et la justice sociale sont si durement attaquées, il n'est pas inutile de rappeler ce que Raymond Forni exprima au
perchoir de l'Assemblée nationale le 29 mars 2000 : + Sa reconnaissance à l'égard de la République, celle d'hier, celle de demain, la République qui accueille, qui éduque, qui
rassemble, sans distinction de race, d'origine, de couleur, de religion+."
Par Jesse lundi 07 /01 / 2008